Ce texte nous éclaire sur le travail intellectuel qui sous-tend la recherche spirituelle et scientifique à la base de cet ouvrage. L'éclairage apporté par le Dr Ben-Aharon révèle un aspect généralement méconnu de Rudolf Steiner lui-même : ses expériences spirituelles personnelles vécues lors de ses recherches sur les lois, les processus et les êtres spirituels. Rudolf Steiner nous a légué sa biographie jusqu'en 1907 ainsi que les résultats de ses recherches spirituelles et scientifiques, mais il n'évoque presque jamais directement ses expériences personnelles (à l'exception notable des descriptions des difficultés rencontrées dans son manuscrit inachevé). Anthroposophie – Un fragment(Pour trouver un langage utilisable pour appréhender les expériences sensorielles). Ben-Aharon nous dévoile des éléments de sa méthode de recherche et la manière organique et morale dont se déploie la communication avec le monde spirituel. Ces éléments, ainsi que les états d'âme et les intuitions morales sous-jacentes, apportent un éclairage nouveau et important à la recherche en sciences spirituelles (par l'expérience directe, et non par la spéculation ou une compilation de citations comme dans les études universitaires). L'extase visionnaire comme fin en soi, les discours sur les pouvoirs occultes, les transformations symboliques du corps physique et/ou les instructions autoritaires de chefs spirituels sont totalement absents de ce récit. La dimension psychologique, avec ses éléments spectaculaires, mythologiques et héroïques que l'on retrouve dans la science-fiction, la littérature religieuse, l'occultisme, le New Age, la théosophie, et même certains courants de la littérature secondaire dite anthroposophique, n'apparaît pas non plus dans ce récit unique, modeste et direct de la maturation d'une énigme spirituelle et d'un enfant spirituel à travers ses différentes étapes de vie. Il montre plutôt comment la recherche humaine, indépendante, lucide et créative, se déploie avec une patience sereine, dans l'attente du moindre signal, librement offert par le monde spirituel, indiquant qu'une ouverture et un dialogue sont possibles. Ce n'est qu'alors qu'une véritable exploration de l'essence du sujet peut être envisagée. Il décrit les différentes phases de ce processus de recherche : le printemps, l'été, l'automne et l'hiver.


La première phase correspond à la période de jeunesse de la recherche spirituelle, animée par les forces du cœur, le sentiment d'émerveillement, de dévotion et d'amour qui sous-tend la quête des mystères humains et cosmiques de l'existence, de la vie et de la conscience. La deuxième phase débute comme une période de crise croissante, où un problème majeur émerge et mûrit, résistant longtemps à toute tentative de résolution consciente. Ce noyau est, spirituellement parlant, farouchement protégé par sa propre nature spirituelle essentielle. Plus je suis disposé à lâcher prise sur mon désir personnel de solution, et plus je renonce au problème, plus je perçois un geste complémentaire du monde spirituel se révélant et s'offrant comme un don. La troisième phase suit, qui est davantage une phase « involutive » de gestation spirituelle et de vie embryonnaire de l'âme, où le chercheur spirituel retrouve son activité spirituelle, mais cette fois dans la direction opposée à celle du début de la recherche. …La quatrième phase est alors la naissance physique proprement dite, l’expression physique, que ce soit par la parole, la création artistique, l’initiative sociale ou, comme dans notre cas ici, sous la forme d’un livre physiquement écrit. » (pp. 6–7)


Le fondement de son œuvre réside dans l'expérience nouvelle et libératrice de la rencontre et de l'accompagnement de la manifestation éthérique du Christ à notre époque, et dans la manière dont la recherche spirituelle se déploie naturellement au sein d'une anthroposophie vivante, à mesure que les trois graines semées par le Christ éthérique dans le corps, l'âme et l'esprit de chaque personne croissent et se développent librement. Ces graines et ce chemin sont désormais accessibles à chaque enfant, femme et homme qui le recherche. Le Dr Ben-Aharon nous montre comment la recherche spirituelle doit se développer lentement au fil des années et des décennies, en harmonie avec l'activité cosmique et rythmique de Michel et du Christ, et non au rythme souhaité par le chercheur lui-même.


Dans ce livre, il nous offre un « conte de Noël » qui relate l'aboutissement de ses recherches et du développement du Yoga Michaelien. Il y dépeint une rencontre cruciale entre l'âme et l'esprit, ainsi que la croissance et le développement intérieur et extérieur, créatifs, entravés, matures, tortueux et expansifs, d'une énigme spirituelle. Ce récit illustre de manière inspirante comment la nouvelle médiation michaelienne entre les dieux et l'humanité peut se manifester de façon cohérente, équilibrée et profondément humaine. Ben-Aharon écrit :


« …le véritable développement spirituel, la problématisation, la fécondation et la conception, la gestation et la naissance d’un projet de recherche spirituelle concret dans la vie physique [est] le fruit d’un processus créatif long et complexe [...]. Avant qu’un livre ne soit écrit, un problème de recherche doit mûrir et s’ouvrir à une authentique fécondation spirituelle, à une croissance et une transformation suprasensibles pures dans le monde spirituel lui-même. Il subit alors un processus comparable à celui de la conception, de la gestation et de la naissance d’un être humain dans le monde physique. Si le livre ou l’œuvre d’art achevé est, d’une part, une création personnelle dont la genèse est naturellement nourrie et façonnée par les pensées, les sentiments et les expériences de notre âme humaine individuelle, il est, d’autre part, aussi une entité spirituelle indépendante, dotée d’une vie propre. Et cette interaction créative constante et les relations réciproques entre l’âme humaine et les mondes spirituels constituent l’essence même de ce cycle de vie de création et de créativité. » (p. 7)


Dans ce texte, qui relate la genèse de l'esprit d'un livre, Ben-Aharon montre comment des méthodes précises de développement conscient et créatif, intensifiées par des crises et des revers, mineurs et majeurs, sont suivies d'une résignation courageuse, sereine et créative. Il attend ainsi que la véritable destinée de l'essence spirituelle du livre se révèle dans un développement conscient et coopératif de sa propre condition et de l'essence de l'esprit au sein de l'âme, pour s'exprimer en mots terrestres. Il décrit notamment comment le problème complexe de l'intégration consciente des perceptions de la couleur, de l'odeur, du son et de tous les sens dans le corps s'est révélé lors de l'exploration et du développement du nouveau Yoga Michaelien ou Cognitif, mais a également été bloqué et entravé au fil des années. Il raconte ensuite comment, durant les Nuits Saintes de 2012/13, le monde spirituel a finalement ouvert une porte vers la solution de ce problème, lui permettant de franchir les portes inférieures pour amorcer la spiritualisation du corps. Il explique comment se préparer à l'ouverture de la porte au monde spirituel, autrement dit, comment se préparer à la zone de transition exigeante du seuil, où l'équilibre, la conscience de soi et la force morale sont requis à un très haut degré. Il faut cultiver un état de pleine présence et d'éveil spirituel afin d'attendre le signe spirituel venant de l'autre côté, indiquant que le moment du franchissement du seuil ou la révélation de la solution à un problème dans son essence spirituelle est proche. Ben-Aharon écrit :


« Cet état particulier de conscience alerte et éveillée exige qu'en de tels moments, mes sentiments de dévotion soutiennent une écoute intérieure et attentive, sans… »

Une certaine attente ou un désir particulier. Je sais aussi que si je peux écouter suffisamment profondément et maintenir cette écoute suffisamment longtemps, j'entendrai bientôt le mot ou le ton invitant, et si je suis ses indications, je pourrai traverser en toute sécurité et paisiblement et faire l'expérience de l'éveil lucide de la connaissance suprasensible dans la tranquillité, l'équilibre et l'harmonie intérieurs. Alors je pourrai être appelé en toute sécurité de l'autre côté. (p. 20)


Le texte décrit les expériences intimes vécues par Ben-Aharon dans le monde spirituel lors de cet événement de Noël. Il franchit le seuil et, en présence de son maître spirituel principal et de leurs collaborateurs, apprit les premiers pas pour contribuer, de manière humaine, à la création d'une « montagne spirituelle ». Ayant travaillé avec assiduité sur les œuvres de son maître sur Terre, Ben-Aharon pouvait désormais entendre l'essence spirituelle de sa voix dans le monde spirituel, vibrant d'un amour universel, d'une inspiration profonde et d'une puissance créatrice infinie. Malgré tout cela, l'expérience n'en était que plus douce, plus humaine et plus exaltante pour l'étudiant spirituel. Grâce à elle, Ben-Aharon put comprendre la portée universelle de l'œuvre de Rudolf Steiner, de l'anthroposophie et de la Pierre de Fondation, ainsi que leurs sources et potentiels spirituels et créatifs, autant de semences nouvelles pour l'humanité future, et le lien de ces éléments avec l'étoile céleste de la Nouvelle Jérusalem. En un sens, cette expérience spirituelle fit naître en Ben-Aharon un enfant spirituel. Il décrit ensuite le processus de « grossesse » avec l'essence du livre (Yoga cognitif ou michaelique). Il écrit :


« …mon ventre maternel [est] un « ventre partagé » [...], car le projet de recherche spirituelle en développement est tout autant hors de mon âme, dans le monde spirituel extérieur, qu’à l’intérieur… Je suis consciente que cet être en développement vit, se meut et s’anime à la fois dans ma vie intérieure et dans le monde spirituel, où il est porté et protégé par une communauté d’êtres créateurs… Les deux processus, dans mon âme et dans le monde spirituel, interagissent et se soutiennent mutuellement. Ainsi, il est particulièrement évident que chacun d’eux considère également le projet de recherche comme son propre enfant, et de plus, ils se perçoivent tous ensemble comme une communauté, comme les gardiens et bienfaiteurs maternels et paternels de son devenir terrestre. » (p. 30)


Il décrit comment nourrir le livre en devenir en revenant de manière créative à la source spirituelle de toute vie, au don spirituel et individualisé du Christ « Je Suis », qui vit désormais sur terre avec nous et comme une semence future en chaque être humain. Après avoir nourri l'enfant par la méditation et la collaboration avec sa communauté spirituelle, Ben-Aharon commence à ressentir la condensation des forces spirituelles au sein même de son corps et, suivant l'impulsion persistante, ou « douleurs de l'enfantement », il couche par écrit des esquisses et des plans. Il explique clairement qu'on ne peut se souvenir d'une expérience imaginative au sens ordinaire du terme, mais que la recherche spirituelle et scientifique consciente doit sans cesse retourner à la Source de manières nouvelles, en collaboration avec la communauté œuvrant dans le monde spirituel. Ces expériences continues issues de l'événement spirituel doivent donc être consciemment déspiritualisées, condensées et soigneusement traduites en conscience ordinaire, en mots et en idées. Enfin, lorsque le livre prend forme, le contenu du Yoga Cognitif ou Michaelique révèle toute son essence et sa signification :


« Ce rythme respiratoire entre le monde physique et le monde spirituel, la fertilisation mutuelle et la conception partagée de la recherche, constituent dans leur intégralité l’expression de l’impulsion milanaise à l’ère milanaise actuelle. Cette impulsion doit trouver le moyen de transformer l’être humain spirituel dans sa totalité et de pénétrer le corps physique lui-même. En travaillant de la manière décrite ci-dessus et en recherchant l’aide de Michael pour franchir le seuil physique inférieur, on peut trouver le soutien le plus solide ; on sait alors que le chemin vers le Christ, tant dans sa révélation éthérique que dans les profondeurs du corps humain, peut être parcouru par un travail spirituel et scientifique véritablement actif. » (p. 37)


Je trouve ce livre absolument précieux et un ajout des plus pertinents à la littérature anthroposophique spirituelle et scientifique. Son contenu est riche et stimulant. D'une qualité exceptionnelle, il offre des clés et des perspectives inédites, absentes des autres ouvrages du Dr Ben-Aharon. Ce livre, récemment paru, m'accompagne constamment dans mes propres recherches spirituelles et scientifiques, et ce, dans de nombreux domaines. Il est une véritable source d'inspiration car il nous montre que l'élan de Rudolf Steiner perdure, jaillit de lui-même et trouve un écho chez ses disciples fidèles, aimants et courageux. Il nous révèle aussi que chacun peut tracer son propre cheminement spirituel, libre et inspirant, pour entrer consciemment, pas à pas, dans le monde de la spiritualité, et ainsi progresser vers l'avenir de cette nouvelle ère de lumière, d'amour et de vie du Christ.


Scott Elliot Hicks, auteur de La résurrection de la pensée et Logique terrestre, transcendantale et spirituelle.


Yoga michaélique
Comment naît un livre
Critique de Scott Elliot Hicks

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